Table dressée avec un service Christofle

Christofle, l’art subtil d’argenter le quotidien depuis 1830

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Année de création : 1830
Pays : France
Spécialité : Métaux
Fondée au cœur du XIXe siècle, Christofle est plus qu’une simple manufacture d'orfèvrerie française. Véritable laboratoire artistique, elle transforme l’ordinaire en extraordinaire. Découverte d'une maison mêlant tradition et avant-garde depuis près de deux siècles.

Charles Christofle aux mains d’argent

Charles Christofle

C’est dans les années 1830 que débute l’épopée Christofle, grâce à l’esprit visionnaire de son fondateur Charles Christofle. Né en 1805 dans une famille industrielle de fabricants de boutons, il fait ses premiers pas en bijouterie dès l’âge de 16 ans. Rapidement, il développe son entreprise en exportant ses créations vers l’Amérique du Sud et se spécialise dans le tissage de fils métalliques.

En 1842, il révolutionne l’orfèvrerie en acquérant pour 150 000 francs les brevets d’argenture et de dorure par électrolyse, développés par le chimiste Henri de Ruolz. Pendant 15 ans, Christofle détient ainsi le monopole de cette technique de galvanoplastie novatrice, qui permet d’appliquer une couche d’argent ou d’or sur des métaux moins précieux. Cette innovation rend accessible un luxe jusqu’ici réservé à une élite restreinte.

Prestige international

Dès 1851, Christofle brille sur la scène internationale lors des Expositions universelles, accumulant médailles et distinctions grâce à ses créations d’exception. En 1855, le peintre Prosper Lafaye immortalise le stand spectaculaire de Christofle à l’Exposition universelle de Paris, présentant le service monumental des cent couverts réalisé pour Napoléon III. Conçu pour une table de trente mètres de long, ce service comportait un surtout spectaculaire composé de quinze pièces en bronze argenté. Retrouvé dans les ruines du Palais des Tuileries par Henri Bouilhet, le neveu de Christofle, après l’incendie de 1871, le surtout est aujourd’hui exposé au musée des Arts décoratifs avec ses stigmates volontairement conservés.

La maison poursuit son ascension sous la direction de Paul Christofle et Henri Bouilhet, après la mort de Charles en 1863. Elle innove constamment, comme avec la technique de galvanoplastie massive, mise au point par Bouilhet pour le service des cent couverts. Dès 1869, cette technique permet à Christofle de reproduire fidèlement des œuvres antiques comme le célèbre trésor romain de Hildesheim ou des pièces asiatiques issues de la collection d’Henri Cernuschi, exposées avec succès à Paris, au Palais de l’Industrie de septembre à novembre 1873.

Paire de candélabres reproduit par galvanoplastie vers 1875 par Christofle à partir d'un vase japonais de la période Edo rapporté par Henri Cernuschi, complété par un socle, un col et des bras de lumière en forme de branches de pin, repris d'estampes et de textiles japonais.
Paire de candélabres reproduit par galvanoplastie vers 1875 à partir d’un vase japonais de la période Edo rapporté par Henri Cernuschi, complété par un socle, un col et des bras de lumière en forme de branches de pin, repris d’estampes et de textiles japonais.

Christofle s’approprie et développe les styles les plus prisés de l’époque : néo-grec, orientaliste et japonisant, ouvrant ainsi la voie à des mouvements artistiques majeurs comme l’Art nouveau et l’Art déco. 

De l’orientalisme et du japonisme à l’Art nouveau

À partir des années 1860, Christofle explore l’orientalisme et le japonisme, intégrant des techniques raffinées telles que les émaux cloisonnés développés par Jean-Baptiste Tard, inspirées des arts persan, indien, chinois et japonais. Émile Reiber, chef d’atelier de dessin, introduit de nombreux décors asiatiques et des compositions audacieuses influencées par les estampes japonaises.

Vase “Forme Poisson” Emile Reiber (1826 – 1893) – 1874 – Alliage de cuivre doré, émail cloisonné, verre coloré.

Gallia

Gallia est une marque d’orfèvrerie créée par Christofle en 1888 en tant que seconde ligne, proposant des pièces à prix plus accessibles grâce à un alliage moins coûteux composé principalement d’étain. D’abord discrète, Gallia prend véritablement son essor au début du XXᵉ siècle grâce à son identité esthétique distincte. En effet, la marque collabore avec des créateurs audacieux, parmi lesquels Félix Chéron, qui dessine en 1902 un catalogue commercial remarqué.

En 1907, Gallia devient une entité distincte sous le nom « Orfèvrerie Gallia » et bénéficie ainsi du réseau de distribution de Christofle. Pendant l’entre-deux-guerres, Gallia est mise en avant par Christofle à travers un « faux rachat », qui officialise en 1923 la marque comme « propriété exclusive de Christofle & Cie ». Gallia se distingue alors par des collections modernes et originales, poursuivant ses activités jusqu’en 1937. La marque disparaît finalement en 1974, avant d’être relancée en 2022 par Christofle, à travers la réédition de pièces historiques.

Cette recherche esthétique prépare le terrain à l’émergence de l’Art nouveau chez Christofle. Dès la fin du XIXe siècle, sous l’impulsion de créateurs comme Léon Mallet et Joseph-François Joindy, la maison s’inspire profondément de la nature, présentant à l’Exposition universelle de Paris en 1889 et à Chicago en 1893 des pièces aux formes végétales exubérantes : services à thé en forme de courges, soupières imitant le céleri ou le chou, et vases ornés d’iris, pivoines ou chardons.

Ci-contre la soupière “Céleri” de Joseph-François Joindy (1832 -1906) 1889. Elle fût présentée aux Expositions universelle de 1889 (Paris) et 1893 (Chicago).

Soupière “Céleri” Joseph-François Joindy (1832 -1906) 1889 - Présenté aux Expositions universelle de 1889 (Paris) et 1893 (Chicago)

Art déco et nouvelles formes

Dans l’entre-deux-guerres, Christofle renouvelle ses collections, présentant des créations qui oscillent entre Art nouveau teinté de japonisme et nouvelles propositions.

Sous l’impulsion de Tony Bouilhet – le petit-fils d’Henri, Christofle s’impose dans l’univers Art déco lors de l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de 1925 à Paris. Présente au Grand Palais, la maison partage un pavillon prestigieux avec Baccarat, exposant des pièces qui illustrent parfaitement la sobriété et les formes géométriques épurées de ce nouveau style. 

Luc Lanel, directeur artistique de la maison de 1922 à 1946, crée notamment les célèbres services Art déco destinés aux paquebots transatlantiques, comme le Normandie, pour lequel Christofle réalise un ensemble exceptionnel de 45 000 pièces en 1935.

Couverts Atlas et collection Transat caractérisée par des lignes géométriques et des sphères formant les prises des pièces. Reconstitution d’une table de la salle à manger des premières classes du Normandie lors de l’exposition Christofle au Musée des Arts décoratifs

La période Art déco chez Christofle est également marquée par une collaboration fructueuse avec de grands créateurs tels que l’orfèvre danois Christian Fjerdingstad, les architectes et décorateurs Louis Süe et André Mare, Paul Follot, André Groult… qui insufflent un souffle contemporain aux objets du quotidien. 

Service à Thé “Tonnelet” - Christian Fjerdingstad (1891 - 1968) - Modèle de 1933 édité de 1935 à 1983 - métal argenté & ébène
Service à Thé “Tonnelet” – Christian Fjerdingstad (1891 – 1968) – Modèle de 1933 édité de 1935 à 1983 – métal argenté & ébène

Après la crise économique de 1929, la commande de la Compagnie générale transatlantiques (CGT) permet à Christofle de retrouver son dynamisme. La maison rachète l’orfèvre Cardeilhac en 1951 et s’ouvre aux influences du design scandinave et italien, grâce à des designers tels que Gio Ponti, avec qui Tony Bouilhet s’est lié d’amitié lors de l’exposition universelle de 1925.

De nouvelles collaborations enrichissent les collections, notamment la remarquée « Formes Nouvelles » en 1959. Outre Gio Ponti, Lino Sabattini, et le finlandais Tapio Wirkkala, y poursuivent l’idée de lignes pures et des formes dépouillées.

Service à thé et à café “Como” - Gallia-Christofle - Lino Sabattini (1925 - 2016) 1959 - métal argenté & canne.
Service à thé et à café “Como” – Gallia-Christofle – Lino Sabattini (1925 – 2016) 1959 – métal argenté & canne.

Christofle aujourd’hui : entre héritage et modernité

À partir des années 70, Christofle travaille également le plastique et l’acier. Ces années marquent un tournant pour l’orfèvrerie : les nouveaux modes de vie accordent moins d’importance aux repas tandis que des matériaux simples, comme l’inox, sont privilégiés. L’offre se recentre sur l’art de la table et la décoration. 

À l’aube du XXIe siècle, Christofle reste fidèle à ses racines tout en s’ouvrant à la créativité contemporaine. La maison multiplie les collaborations avec des designers internationaux comme Andrée Putman (collection Vertigo) Marcel Wanders, Ora-Ïto ou Eliott Barnes pour les plus récents. Ses créations modernes côtoient ainsi les classiques intemporels, dans une dynamique constante de réinvention.

Ci-contre, le candélabre « arborescence » designé par Ora Ïto (né en 1977) en 2010.
Son principe créatif repose sur une apparente simplicité. En développant cette esthétique de l’épure, du rendu lisse et des reflets, Ora ïto joue de l’effet poli miroir, signature de Christofle.

L’Art de la table Christofle et luxe à la française accessible sur Maison Quand Même

Dès ses débuts, Christofle s’est distingué par ses services raffinés, essentiels du savoir-vivre à la française.  Ses plateaux, théières, ménagères et autres pièces d’orfèvrerie sont devenus des incontournables du savoir-vivre à la française, présents sur les plus belles tables, du palais de l’Elysée à Paris, aux plus beaux palaces du monde.

Dans notre boutique, nous rendons accessibles quelques-uns des trésors de cette maison bientôt bicentenaire, offrant à chacun la possibilité de goûter au luxe intemporel à travers des pièces vintage, symboles d’un savoir-faire d’excellence. Chacune de nos pièces Christofle raconte une histoire, celle d’une maison qui continue à argenter élégamment notre quotidien et “n’a qu’une qualité, la meilleure”.

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