Né en 1869 à Lauzun, en Lot-et-Garonne, Jean-Simon Peynaud est issu d’une famille modeste. S’orientant vers une carrière artistique, il suit les cours de l’École des Beaux-Arts de Bordeaux. En 1886, à l’âge de 17 ans, il est distingué dans la catégorie « Dessin d’après le modèle en relief ». Sa formation à Bordeaux semble cependant avoir été interrompue, car il n’existe aucune autre mention de lui dans les registres scolaires après cette année.
À l’âge de 23 ans, il se marie et s’installe à Bordeaux. Ne parvenant pas à vivre de son art, Jean-Simon Peynaud diversifie ses activités. En 1895, il crée une entreprise spécialisée dans la vente de porcelaines et cristaux. Cette entreprise éphémère lui vaut une inscription en tant que « marchand de vaisselle » dans le recensement de 1896, mais le commerce fait faillite l’année suivante. Malgré ces péripéties, il n’abandonne pas son rêve artistique et continue de se déclarer comme peintre sur les actes de naissance de ses enfants.
La carrière artistique de Jean-Simon Peynaud est jalonnée de changements et d’incertitudes, et ses talents s’étendent à divers métiers d’art. Bientôt il s’essaie à la peinture sur verre et sur d’autres supports.
Peintre sur Verrerie d’Art
Peynaud apparaît dans l’Annuaire de la Gironde de 1927 comme un artisan de « Verrerie d’art », tandis que le flou perdure sur ses activités de peintre sur porcelaine. Ce brouillard informationnel semble avoir duré jusqu’à la fin des années 1940, où la verrerie Peynaud disparaît des registres.
La nature exacte de son travail sur le verre reste encore à éclaircir. La qualité et la quantité des œuvres de verre encore en circulation suggèrent cependant un engagement assidu dans cette voie. Les objets en verre décorés portent son nom en lettres calligraphiées soignées, soulignées par un D final stylisé.
Dans ce registre, il semble peu probable que Jean-Simon Peynaud ait été impliqué dans la fabrication même du verre. Il aurait acheté les supports en verre selon ses spécifications précises, pour ensuite les orner de ses motifs. Cette hypothèse est soutenue par deux arguments: son passé en tant qu’artiste travaillant sur des supports fournis, et l’absence d’une verrerie à son adresse dans les registres officiels des établissements potentiellement dangereux ou insalubres.
Alors qu’il n’est pas verrier au sens strict du terme, Peynaud réussit néanmoins à maîtriser la base de la matière pour obtenir des effets remarquables, utilisant l’acide ou le sable pour givrer ou satiner les fonds de ses créations.
Influencé par l’Art nouveau et les travaux des maîtres verriers comme Daum, Gallé ou encore Legras, il puise son inspiration majeure dans la nature. Les motifs récurrents de ses œuvres sont des échos des formes organiques — les mûres, les chardons, les tiges de lierre et autres éléments floraux deviennent des symboles gravés sur ses œuvres. Bien que le lotus, les œillets et les nénuphars soient moins fréquents dans son répertoire, ils contribuent à enrichir la complexité de son expression artistique.
Les Formes et les Fonctions : La Production de Jean-Simon Peynaud
La production de Peynaud va bien au-delà des simples vases. Ses lampes, bonbonnières, coupes et vide-poches témoignent d’une capacité à diversifier ses supports. Il n’a pas hésité non plus à s’aventurer dans le domaine des miniatures, avec des pièces qui parfois ne dépassent pas 3 cm de haut. C’est sur ces surfaces réduites que sa dextérité en tant que dessinateur et peintre ressort véritablement.
Les traits caractéristiques de Peynaud sont bien définis: les formes sont harmonieuses, les compositions agréables et les motifs bien placés en relation avec la forme globale de l’objet. Certains objets de sa création sont aussi marqués par des lieux spécifiques, comme la Colonne des Girondins de Bordeaux, ou des inspirations variées allant de l’Art déco aux paysages lacustres.
Sources sur Jean-Simon Peynaud
- Découverte d’un verrier bordelais, Jean-Simon Peynaud (1869–1952), article de Claude Mandraut dans le numéro 21 de la Revue de la Société des Amis du musée national de Céramique (2012)
