“Quand Même” n’est pas le fruit du hasard mais d’un vouloir bien réfléchi.
Nous devons le nom de notre maison à l’illustre Sarah Bernhardt, qui en avait fait sa devise il y a plus de 150 ans…
À l’âge de neuf ans, en 1853, raconte-t-elle dans ses mémoires, elle avait été mise au défi par son cousin de sauter au-dessus d’un fossé que personne n’osait franchir.
Je m’étais abîmé la figure, cassé un poignet, endolori tout le corps. Et pendant qu’on me transportait, je m’écriai, rageuse : “Si, si, je recommencerai, quand même, si on me défie encore ! Et je ferai toute ma vie ce que je veux faire !” Et, le soir, quand ma tante désolée me demanda ce qui me ferait plaisir, tout mon pauvre petit corp bandagé tresaillit de joie, et, câline et consolée, je lui dis tout bas : “Je voudrais du papier à lettre à moi, avec ma devise”; et comme maman insistait, un peu narquoise, pour savoir ce que serait cette devise, je restai un instant sans répondre et lançai dans le silence de l’attente un si furieux “Quand même” que ma tante Faure recula en murmurant : “Quelle enfant terrible !”
Sarah Bernhardt
Depuis, Sarah est devenue la Voix d’or de Victor Hugo, le Monstre Sacré de Jean Cocteau, et son fantôme malicieux prête toujours renfort aux esprits qui la guettent encore. Nous faisons partie de celles et ceux là.
Nous l’avons croisée rue de Provence, dans la galerie de Siegfried Bing, acheter de merveilleuses pièces d’art japonais avant que la boutique ne se transforme en maison des Arts Nouveau. Nous l’avons entendue passer commande en urgence d’une affiche pour sa pièce Gismonda à l’imprimeur Lemercier, et façonner ainsi la renommée d’un certain Alfons Mucha, en 1894.
Nous l’avons vue collaborer avec René Lalique, ou avec le céramiste Edmond Lachenal, qui finira même par la rejoindre au théâtre ! Mais surtout, nous partageons la dédicace d’Émile Gallé qui lui dédie l’un de ces vases et la qualifie de “Grande Apôtre de l’Idéal et de la Justice par l’Art et la Beauté”.
Nous souhaitons reprendre ce fil inspiré, à une époque pleine de résistance et d’audace à retrouver, celle d’un art pour tous, où les artisans et artistes peuvent rivaliser d’ingéniosité et de créativité, loin des diktats de la consommation effrénée, du périssable et de l’obsolescence programmée.
Nous sommes les enfants de celles et ceux qui ont fait quand même, et souhaitons raviver le grand feu de leur puissance. Nous espérons que vous serez aussi sensibles à leurs œuvres que nous l’avons été.