Un artiste façonné par les voyages et les rencontres
Olivier Pettit voit le jour en 1918 à Paris, dans une famille où les déplacements internationaux nourrissent un imaginaire riche et diversifié. Enfant, il découvre l’Afrique du Sud avant de vivre en Argentine, où il s’initie à la sculpture auprès de Gonzalo Leguizamón Pondal. Ces expériences multiculturelles éveillent en lui une sensibilité particulière aux formes et aux matières.
De retour en France, il intègre l’École des Beaux-Arts de Paris sous la direction d’Henri Bouchard. Mais son parcours académique est brutalement interrompu par la guerre. Résistant engagé, il se rend en Espagne pour des missions clandestines et rencontre à Madrid Carmen Almagro Palatin, qui deviendra sa femme et sa muse. Leur complicité inspirera nombre de ses créations.
Second prix de Rome et la Casa de Velázquez : reconnaissance artistique d’Olivier Pettit
Après la guerre, Olivier Pettit reprend ses études aux Beaux-Arts dans l’atelier d’Alfred Janniot, et explore parallèlement la céramique en autodidacte. En 1952, il remporte le second prix de Rome de sculpture pour son œuvre « Cérès », qui revisite les formes classiques avec une sensibilité moderne.
Cette distinction lui permet de séjourner à la Casa de Velázquez à Madrid, où il approfondit son art en s’inspirant des traditions artisanales locales. Il explore des motifs graphiques et développe une maîtrise accrue de la terre et de l’émail. Cette période marque également l’émergence d’un style où l’équilibre entre simplicité formelle et richesse décorative devient central.
L’oeuvre céramique poétique et expressive de Pettit
Dans les années 1950, Olivier Pettit s’installe à Paris au 40 rue Hallé, où il partage un voisinage artistique avec le céramiste Jacques Blin. Leur amitié et leurs échanges enrichissent leur pratique respective. Il passe également des étés à Vallauris, un lieu emblématique de la céramique moderne, où il côtoie Roger Capron. Ces influences méditerranéennes se retrouvent dans son travail, marqué par des formes organiques et des motifs stylisés.
Ses œuvres, qu’elles soient sculpturales ou utilitaires, témoignent d’une poésie rare. Les textures incisées, les palettes naturelles – allant des ocres aux bruns – et les décors graphiques inspirés de la faune ou de la flore traduisent une sensibilité ludique et intemporelle. Cette démarche lui vaut d’être récompensé par la Médaille d’Argent lors de l’Exposition Internationale de Céramiques de Cannes en 1956, une reconnaissance majeure de son talent.
Artisan visionnaire et galeriste engagé
Olivier Pettit ne se limite pas à la création. En 1957, il ouvre une boutique-galerie, « L’Atelier Saint Augustin », boulevard Malesherbes à Paris. Cet espace devient un lieu de rencontre et de dialogue artistique, où il expose ses propres œuvres mais aussi celles d’autres artistes. Ce double rôle, créateur et promoteur, reflète son ambition de faire dialoguer l’art et l’objet quotidien.
À la fin des années 1960, il quitte Paris pour s’installer dans le Var, près de Flayosc, où il poursuit sa recherche artistique dans un cadre plus paisible. Il y travaille jusqu’à sa disparition en 1979, laissant derrière lui une œuvre qui transcende les frontières entre artisanat et art contemporain, entre tradition et modernité.
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