| Artiste | Eugène Lion |
|---|---|
| Origine | France, Saint-Amand-en-Puisaye |
| Période | Début du XXe siècle |
| Matériaux | Grès émaillé |
| Dimensions | H : 15 cm, Ø : 7,5 cm (col) – 9 cm (panse) |
| Condition | Très bon état, infimes traces d'usure |
Saint-Amand-en-Puisaye est une terre de potiers. Eugène Lion y naît en 1867 dans une famille dont l’atelier, tenu par son père Amand au lieu-dit « La Forge », produit depuis des générations le grès utilitaire de la région. Lorsque le sculpteur parisien Jean Carriès s’y installe en 1888 pour explorer les possibilités de la céramique émaillée, c’est dans cet atelier qu’il trouve ses premiers appuis techniques. Eugène, alors âgé de vingt et un ans, perçoit immédiatement ce que l’arrivée du maître représente : non pas un renversement, mais une ouverture. Jusqu’à la mort de Carriès en 1894, il travaille à ses côtés tout en développant sa propre production, assimilant le japonisme de son aîné sans renoncer aux gestes et aux matières qui sont les siens.
Ce vase de format médian — quinze centimètres de hauteur, panse sphérique, col étranglé puis évasé en trompette — est tourné dans un grès chamotté dont la structure granuleuse reste lisible à l’œil nu sur le tiers inférieur de la panse, laissé délibérément nu. La limite de la couverte, irrégulière et légèrement dentelée, n’est pas un accident : elle résulte d’un émaillage partiel assumé, qui fait de cette frontière entre matière brute et surface vitrifiée l’un des sujets formels de la pièce.
La couverte elle-même se présente en deux registres distincts. Sur la panse, le fond turquoise est envahi d’une trame mouchetée dense — plages ocre-brun aux contours diffus, agrégats circulaires, lignes serpentines — qui résulte de l’interaction en cuisson entre deux formulations d’émail superposées. Sur le col, la glaçure se fait plus lisse et plus saturée, ponctuée de quelques coulées dorées. L’intérieur du col est émaillé dans la même teinte ; le corps intérieur reste brut, visible en vue plongeante.
Le bleu turquoise fait partie de la palette documentée d’Eugène Lion — bruns, noirs, ocres et turquoise constituent les teintes récurrentes de sa production décorative, avant que la mise au point de son émail rouge de cuivre, dans les années 1920, ne lui confère une notoriété plus large. Le turquoise de ce vase tire vers un vert d’eau lumineux, assez proche des céladons japonais que les céramistes de l’école de Carriès regardaient avec attention. Ce n’est pas un bleu franc : il y a dans cette teinte une ambiguïté chromatique — tantôt froide, tantôt presque dorée selon l’intensité de la lumière — que les plages ocre-brun viennent encore déstabiliser, transformant une surface en apparence monochrome en un champ de tensions colorées.
La pièce est signée sous la base : « Lion » en cursive, incisé dans la pâte crue avant cuisson.
Très bel état de conservation, sans accident ni restauration. Quelques inclusions dans la couverte conformes à la nature du matériau et à l’âge de la pièce.
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